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Et si on parlait de « The seven husbands of Evelyn Hugo »

Je viens juste d’achever la lecture de « The seven husbands of Evelyn Hugo », « Les sept maris d’Evelyn Hugo », ndlr. J’ai comme un sentiment de plénitude. La terre pourrait s’arrêter à tout moment et vous n’en aurez rien à cirer.

Lorsque je l’ai reçu il y a une semaine, j’étais loin de m’imaginer à quel point je serai bouleversée par la lecture tant l’intrigue est captivante et lecture facile. Et dire que j’ai râlé des heures au téléphone parce que le livre était en version originale.

Evelyn Hugo est actrice. Elle choisit, au crépuscule de sa vie, de confier la rédaction de sa biographie à une « no-name », un écrivain de l’ombre en la personne de Monique Grant. « No name » en apparence, car le lecteur se rendra compte à la fin (ou avant) de la lecture que le choix de Monique n’est pas du tout arbitraire.

Ce à quoi je ne m’attendais pas par contre, c’est la trame de fond des “sept maris d’Evelyne Hugo”: une folle et passionnante histoire d’amour entre deux étoiles du box office Hollywoodien des années cinquante et ce qu’elles ont du sacrifier pour vivre leur amour.

« The seven husbands of Evelyn Hugo » cover

« The seven husbands of Evelyn Hugo » cover from Taylor Jenkins Reid

J’élargirai le champ un peu plus en parlant de la lutte pour l’égalité des années cinquante à nos jours car les dates marquantes de l’histoire des droits LGBT y sont évoqués. De Stonewall à l’épidémie de vih/sida sida ayant ravagé les gays fin années soixante-dix début quatre-vingt en passant par la difficile processus du coming out.

« The seven husbands of Evelyn Hugo »

Revenons au livre deux secondes. De ses sept époux, Evelyn n’en a aimé qu’un. Au sens littéral du terme. Les autres… (attention SPOILER) Célia était le commun dénominateur. Taire les rumeurs par ci, vivre avec elle par là, se remettre de leur séparation et j’en passe. Je n’ai eu de cesse de sourire en lisant la partie sur sa cinquième union, la plus longue d’ailleurs, tant elle décrit la réalité sous nos cieux, le glamour en moins. Harry Gay, s’unit à Evelyn, sa meilleure amie amoureuse de Célia, conjointe de John, amant de Harry. D’aucuns y verront le paroxysme de l’insanité well… Je n’y ai vu qu’une relation sincère et vraie entre les quatre protagonistes comme j’en ai rarement lu. Lorsqu’après les événements de stonewall ils se rendent compte qu’ils ne sont pas uniques dans ce monde, je m’y suis tellement reconnue. J’en parlais d’ailleurs dans cet article .

Sur le fond, « The seven husbands of Evelyn Hugo » m’a rappelé « Sex revelations » avec Ellen DeGeneres et Sharon Stone. Sur la forme par contre, le contraste est saisissant. Voyez-vous, la plupart des auteurs/producteurs et compagnie, gays ou hétéros, lorsqu’il s’agit d’écrire sur les relations homosexuelles s’arrêtent sur des clichés presque toujours éloignés de la réalité. Réduisant les relations homosexuelles au sexe, faisant abstraction du quotidien qui va avec. Taylor Jenkins Reid par contre,… décrit tout (ou presque), sans artifices, sans exagération,… la juste mesure. Les juste mots. La juste émotion. A couper le souffle.

Leçon tirée

Plus sérieusement, cette œuvre de fiction rappelle un point que j’avais déjà abordé dans ce billet après avoir regardé Elena Undone. Celui de la sortie du placard -comprenez Coming-out.
Les lesbiennes/gays « natifs » (excusez du terme) s’attardent rarement sur les sacrifices consentis par leurs partenaires. Exigeant coming out et investissement total dès les premiers instants de la relation sans tenir compte des réalités de l’autre.

Tout ne peut pas changer du jour au lendemain, ce n’est pas toujours évident. Il faut accorder du temps. Rappelez-vous lorsque vous avez découvert votre sexualité, combien de temps il vous a fallu pour l’accepter, combien de temps cela a pris à vos parents/proches de l’accepter et combien de temps il vous a fallu pour vivre libre, vous sentir libres? Certains ne le sont jamais.
Imaginez donc quelqu’un qui du jour au lendemain voit sa vie bouleversée par amour pour une personne du même sexe. Il n’est pas question ici d’étiquettes mais de sentiments. Comme le dit si bien Evelyn, « I like men but I love Celia ».
Je suis d’accord, il ne faut pas tout accepter par amour mais à un moment, il faut savoir se mettre à la place de l’autre et ouvrir le dialogue. Car si elle t’aime vraiment, elle trouvera le moyen de braver les obstacles.

En conclusion

Bien évidemment, réduire « The seven husbands of Evelyn Hugo »  à une relation d’amour lesbienne ne lui rendrait pas justice. Violences conjugales, réalités du showbizz, sexualité féminine, alcoolisme, métissage, parents, double vie, mariage, décès, rapport à la mort,… presque tout y passe. Mais so seamlessly (excuse my English) que tu ne t’en rends pas compte. Rendre une œuvre de fiction plus réelle que ses trois cent quatre-vingt-dix pages…il fallait le faire.

Le reste,… ça se passe en librairie. En attendant,  l’auteure aborde ici le processus de création de ce chef d’œuvre ici, en anglais. Please, bring me some more.

Tchuss